Terres Inconnue


Points de vue

Quand le maître s'en va

Albert Marquet Mer calme. Sidi bou Said c. 1923

Elle nous en parlait souvent avec de la douceur, de l’admiration. Elle suivait ses enseignements et racontait ses histoires si éclairantes, sa manière à lui de voir le monde et de recréer le réel.

Elle était fière d’en être. Presque par hasard, elle avait croisé sa route et eu tout de suite la certitude que c’était une rencontre importante.
Elle apprenait, elle s’engageait dans la durée, il lui restait tant à apprendre avec lui. Ils étaient tout un groupe qui apprenait ensemble.
Et puis, il est moins venu, il ne pouvait plus enseigner. Alors, ils ont fait du travail sans lui et puis ils ont peu à peu accepté que ses élèves les plus anciens enseignent, accompagnent à sa place. Et puis un jour, elle a appris qu’il était mort, mort d’une longue maladie. Et là, c’est le sentiment d’injustice, c’est trop tôt. Elle veut encore comprendre, ressentir, côtoyer son enseignement. Et en même temps, elle sent qu’il lui a légué quelque chose de son humanité et qu’elle se sent capable en toute humilité de contenir une partie de la flamme et de diffuser autour d’elle un peu de son secret : l’amour inconditionnel.

 

Mer calme, Sidi bou Saïd, Albert Marquet (1875-1947)



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