Terres Inconnue


Notes et réflexions

Le processus et l’essentiel

Dans notre métier de coachs, que ce soit coach d’individus, d’équipes ou d’organisations toutes entière, notre apport principal apparait souvent être le processus qu’on met en place, pour par exemple créer une vision, améliorer la performance collective en tant que collectif, mobiliser etc. Nous mettons en œuvre des processus de dialogue, des processus d’intelligence collective, des processus de transformation, des processus d’apprentissage organisationnel. Notre métier est de chercher à trouver le processus qui est le plus pertinent pour notre client. Le coach, l’accompagnant et le facilitateur doit être le maître du processus.

Comme les processus sont souvent puissants il arrive que le bateau tangue, que les personnes opposent une résistance, émettent des doutes sur le processus que nous proposons. Et à ce moment là il nous arrive entre collègues de nous dire ou de dire à nos interlocuteurs : faites confiance au processus.

En fait un processus, quelque soit sa puissance, n’est pas bon (ou mauvais) en soi. Il peut aussi bien être source de merveilleuses transformations que d’être destructrice de vie. Tout dépend du sens que nous y donnons, aux intentions qui nous guident, aux croyances qui nous enveloppent – soyons en bien conscient. La PNL peut être utilisé pour gagner des batailles, traiter avec des terroristes, enrôler dans une secte … aussi bien que d’accompagner l’épanouissement et la croissance d’une personne en coaching. Idem pour les techniques de d’animation de grands groupes, la systémique, la méditation, les activités ludiques ou physiques, les mises en situation, les constellations … et tout processus de transformation que nous sommes amenés à pratiquer ou à proposer dans nos pratiques.

Alors qu’est-ce qui fait la différence ?

Il reste l’invisible, la relation humaine, ce qui fait que nous sommes humains, l’intelligence relationnelle, situationnelle. C’est pour cela que nous serons de fait choisis, non pour les processus que nous mettons en œuvre, mais pour notre façon de mettre en œuvre ces processus là – notre intention, notre style, notre qualité de relation aux autres, la qualité de notre attention, la confiance qu’on peut nous faire. C’est de là que viendra la qualité de notre intervention – et non pour le processus choisi.

Mais alors, si nous ne pouvons pas nous reposer sur le processus proposé (que nous avons dans notre mallette de coach ou de facilitateur – notre métier, nos compétences, nos savoir faire) – à quoi, à qui faisons nous confiance pour faire notre métier ? Ce sont des qualités invisibles – notre intention, la source qui nous guide, l’intelligence du cœur, une intelligence situationnelle et émotionnelle, une attention donné à nos 5 sens et à notre intuition et le plaisir d’œuvrer ensemble – en plus bien sûr de notre raison et notre capacité d’analyse.

Et nous nous rendons compte que notre métier est d’aider à notre tour les personnes et groupes que nous accompagnons à porter une attention tout particulière à leurs intentions  - encore et encore – comme colonne invisible sur lequel appuyer notre démarche – pour lui donner tout son sens. Et que nous les aidions aussi à accéder à toutes ces autres intelligences qui nous aident tant.