Terres Inconnue


Points de vue

La résonance

Document élaboré par Pascal Gayet à partir d’une séance de supervision

La résonance, pour un groupe, est la capacité de ses membres à faire que 1+1 > 2, faire en sorte que ce qui est produit par le groupe dépasse ce qui aurait été produit par la simple juxtaposition de ses membres.
La PNL nous dit que la force générative d’un groupe vient de l’alignement et de l’intégration de multiples intelligences

  • L’intelligence intellectuelle – la tête – qui vient de notre cerveau et de notre esprit cognitif
  • L’intelligence émotionnelle qui vient de notre esprit somatique centrée dans le corps, on pourrait dire : le cœur et les tripes
  • L’intelligence systémique et relationnelle qui vient d’un « champ » qui émerge de nos connexions et de nos relations avec les autres systèmes qui nous entourent.

Quand ces 3 esprits travaillent ensemble, le résultat est ce que Milton Erickson nommait l’inconscient créatif.

Quelques questions que nous nous sommes posées :

  • Quand avons-vous senti le groupe en résonance ? Comment l’avons-nous senti ? Est-ce que nous pouvons le décrire concrètement ?
  • Par quel adjectif pourrions-nous qualifier un groupe qui ne résonne pas ou peu ? Un groupe qui résonne bien ? Sur une échelle de 1 (= pas ou peu) à 5 (= parfaitement), où mettons-nous le curseur pour notre séance de supervision ?
  • Que proposons-nous pour améliorer le score ? Quelle autre qualité d’intelligence collective pouvons-nous proposer au groupe ?


En réponse à ces questions sont livrées ci-dessous les remarques de l’ensemble du groupe de supervision.

  • La résonance est liée au sentiment d’appartenance à un groupe. Elle facilite l’assemblage des différences : c’est la façon dont les autres me rendent intelligent(e).
  • Une autre manière de l’exprimer serait de parler de synchronisation
  • La résonance s’accroît à chaque session de supervision parce qu’on apprend à mieux se connaître : nous développons notre maturité et notre capacité d’écoute. D’ailleurs, elle a progressé tout au long de la journée de supervision. Elle se traduit par le fait que l’on retrouve une problématique proche sur l’ensemble des cas traités.
  • La résonance peut se faire « avec » la personne qui travaille son cas (le client), mais elle peut se faire aussi  « contre », c’est-à-dire que le groupe dans son ensemble voit ou sent quelque chose alors que le client ne le voit pas (ou pas encore)
  • C’est comme avec un instrument de musique : ça peut résonner faux, mais l’important est que ça résonne quand même !
  • La résonance peut être purement intellectuelle, ou provenir d’une émotion partagée. Elle s’exprime par différents canaux, par exemple lors des feedbacks ou « cadeaux » donnés par les participants à travers des dessins ou des paroles.


On peut remarquer la résonance aux signes suivants :

  • Un ensemble de signaux corporels concrets : facilité des contacts visuels, rires ; chacun est à l’écoute de ce qui se passe.
  • Tous les participants sont très contents du travail effectué pour traiter un cas, et c’est visible ;  chacun écrit son « cadeau » avec bonne humeur et le lit avec contentement
  • Quand la résonance s’améliore, on peut constater moins de mots et plus d’être, plus de présence
  • Un groupe qui ne résonne pas serait probablement silencieux et ennuyeux


La résonance permet de développer des qualités d’intelligence collective comme :

  • être attentif à la gestuelle, au comportement physique
  • avoir le sentiment d’être reconnu par le groupe
  • balancer entre ce qui se passe à l’intérieur de moi et de ce qui se passe dans le champ
  • développer l’écoute active


Des pistes de progrès ?

  • Comprendre que chaque séance alimente une boucle d’apprentissage ; prendre le temps en fin de journée pour se dire quand on a senti ou pas cette résonance
  • Lors d’un coaching de groupe, apprendre à développer une stratégie de coaching de groupe, plutôt que poursuivre sa piste personnelle. Cela nécessite de développer des qualités d’observation et d’écoute, par exemple : concernant le client : écouter ses émotions ; concernant le groupe : repérer les signes de prise de parole des autres membres du groupe
  • Et donc développer une posture  « méta » qui porte attention à la fois à soi, aux autres et à la relation entre tous ; de la puissance et de l’humilité ; de la confiance en soi et dans les autres.


Il est indéniable que la qualité du travail du groupe de supervision est fortement dépendante de son degré de résonance. Notion qu’il ne s’agit pas de confondre avec celle de consensus. Non seulement elle ne se situe pas au même niveau, mais la résonnance valorise la personne dans sa spécificité en même temps que le groupe dans sa capacité d’être et de faire collectivement.